
non je ne verrai la ville qui bouge
ni la place Pigalle, ni le Moulin ROuge
je ferai l'impasse sur ce qui bouleverse
pas de pluie d'étoiles sur mon ciel d'averses
je ne verrai pas Paris au 15 aout
maudissant le temps qui efface tout
je ne verrai pas Paris au 15 aout
mais de ma tristesse, j'sais qu'Paris s'en fout
non je ne verrai pas le ciel qui s'enflamme
du haut de la butte comme un oriflamme
je n'écrirai pas de nouveaux poèmes
le regard perdu sur un bord de Seine
non je ne verrai pas Montmartre la belle
aux pinceaux qui dansent ,couleurs infidèles
si Poulbot m'attend au coin d'une rue
Il saura pourquoi je ne suis pas venue
je ne verrai pas Paris au 15 aout
maudissant le temps qui efface tout
je ne verrai pas Paris au 15 aout
mais de ma tristesse, j'sais qu'Paris s'en fout
je ne verrai pas les gargouilles hurlantes
guettant le retour d'une cigale qui chante
pas de bacchanales au son des guitares
on ne fête pas la fin de l'histoire
je ne verrai pas le roi qui sommeille
sous la pyramide aux reflets soleil
le temps a gagné, il m'aura tout pris
jusqu'au doux baiser du bel endormi
je ne verrai pas Paris au 15 aout
maudissant le temps qui efface tout
je ne verrai pas Paris au 15 aout
mais de ma tristesse, j'sais qu'Paris s'en fout
je ne verrai pas la chanson du soir
quand s'anime enfin la rue Mouffetard
le Métropolitain n'aura pas ma peur
lui qui riait tant d'être ma terreur
je ne verrai pas la tour qui se dresse
priape des cieux, fière de sa noblesse
d'ici qu'elle se penche lasse de mon absence
nul ne saura pourquoi cette soudaine impuissance
je ne verrai pas Paris au 15 aout
maudissant le temps qui efface tout
je ne verrai pas Paris au 15 aout
mais de ma tristesse, j'sais qu'Paris s'en fout